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Histoire du CuraçaoModifier

L'île de Curaçao a fait partie des principaux repaires de pirates. Elle a donc abrité des boucaniers pendant les heures de gloire de la piraterie.

Les premiers habitants de Curaçao furent les Amérindiens Arawaks qui arrivèrent du Venezuela.

En 1499, l'île est découverte par Alonso de Ojeda qui prend possession de l'île au nom de l'Espagne et décime les Arawaks. Au début du XVIe siècle, après avoir dépeuplé l'île par de fréquents raids pour fournir Hispaniola en esclaves, les Espagnols voient à ce que l'île soit repeuplée d'Amérindiens. Curaçao est rattachée administrativement au gouverneur du Venezuela (Coro) excepté lors de la concession Welser.

Colonisation néerlandaiseModifier

Les marchands juifs et protestants d'Anvers avaient tissé un réseau de livraison au départ de la petite île antillaise de Curaçao. Fuyant la reconquête espagnole durant la Guerre de Quatre-vingt Ans vers Amsterdam à la fin du XVIe siècle, ils apportèrent leurs connaissances. Les navires hollandais ont très tôt remonté la Rivière Yaracuy, qui se jette dans l'Atlantique à côté du port de Tucacas[réf. nécessaire].

Pendant les années 1630, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales ayant complété l'occupation de la Nouvelle-Hollande (Pernambuco) depuis 1629, se cherchait un port d'attache situé directement dans la mer des Caraïbes.

De plus, avec la perte définitive des salines de la Punta de Araya, un lagon nouvellement fortifié par les Espagnols à un jet de pierre de la côte vénézuélienne et celle momentanée de Saint-Martin, les directeurs se souciant de procurer une nouvelle saline pour l'industrie halieutique néerlandaise. Sous les conseils de Jan Janszoon Otzen qui avait été fait prisonnier à Tortuga (Venezuela) quelques années auparavant puis transféré à Curaçao afin de lui faire couper du bois avant de le ramener en Europe, la compagnie décida de conquérir l'île. Otzen avait dressé un portrait idyllique de la géographie de Curaçao. En 1634, la compagnie affrète une escadre de six vaisseaux sous le commandement de Joannes van Walbeeck et Pierre le Grand. Un gouverneur et 38 colons européens s'installent sur l'île, où vivent quelque 400 Amérindiens. Les Néerlandais s'aperçurent que les marais salants décrits par Otzen étaient impropres à l'exploitation.

En 1635, malgré la formation à Madrid par Olivares d'un conseil spécial pour la reconquête de Curaçao, les Espagnols attendirent l'année suivante. Mais le faible détachement naval chargé de cette mission ne put même pas s'y rendre. Déterminée à garder sa possession, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales reçut l'appui des États de Hollande et des États généraux néerlandais, l'administration de la nouvelle colonie (et de ses dépendances : Aruba, Bonaire)étant passé sous la coupe de la chambre amstellodamoise de la compagnie. Celle-ci fournit rapidement des renforts et des provisions à Walbeeck.

La plaque tournante des corsaires néerlandaisModifier

Dans les années suivantes, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales obligea ses corsaires à rapporter à Curaçao tout butin acquis aux dépens des Espagnols. Entre temps, les Néerlandais avaient entamé la construction d'un fort (Fort Amsterdam) et la fondation d'une ville située au fond de la baie de Schottegat, Willemstad, nommée en l'honneur du fils et futur héritier du stathouder Frédéric-Henri, Guillaume II d'Orange-Nassau.

En 1642, Pieter Stuyvesant est nommé gouverneur, avant de partir en 1647 gouverner la Nouvelle-Néerlande.

À partir de 1636, les Néerlandais importent des esclaves au Brésil mais sans investir trop car leur situation militaire est précaire, avec un soulèvement portugais. A Curaçao, le gouverneur hollandais Matthias Beck signale une demande des Espagnols en Espagne, mais l'île n'en accueille aucun avant 16581.

Curaçao devint la plaque tournante des corsaires néerlandais et des marchands. Leur navires servent à la Traite négrière, à l'époque encore modeste, des colonies françaises, anglaises des Îles du Vent ainsi que celles de la terre ferme espagnole2.

À partir de là, le papiamento, un créole à base de néerlandais, d'espagnol, de portugais et de langues africaines, va s'implanter chez les esclaves.

En 1678, une expédition française commandée par l'amiral Comte Jean II d'Estrées, qui venait de reprendre Tobago à Jacob Binckes, s'échoua en route sur les coraux des Archipel de Las Aves. Curaçao échappa ainsi à la tentative de conquête française3.

L'arrivée des juifs néerlandais du Brésil, de Pomeroon et des Antilles françaisesModifier

En 1652, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales passe contrat avec David Cohen Nassi (1612-1685), autorisant les Juifs à cultiver la terre à Curaçao, mais leur refusant la liberté religieuse pleine et entière ainsi que l'autorisation de se livrer au commerce4. Nassi, alias Joseph Nunes Da Fonseca et Christovao de Tavora, était un "converso" (converti, nouveau-chrétien) ayant vécu en Nouvelle-Hollande avant de devenir un colonisateur chevronné5.

En 1654, la Nouvelle-Hollande redevient portugaise, après une quinzaine d'années de guerre au Brésil, les Pays-Bas capitulent. Leurs derniers ressortissants essaiment un peu partout dans les Caraïbes. Ils fondent en 1655 la colonie du Pomeroon, sur les rives du fleuve du même nom. Mais la large concentration de négociants et d'armateurs juifs à Curaçao fait de l'île l'épicentre de l'histoire des Juifs aux Caraïbes.

Au Brésil, les planteurs du Maragnon se soulevèrent contre les Hollandais dès 1642, et tous les Brésiliens en font autant en 1645, année où Fernandès Vieira gagna deux batailles importantes6. Entre 1636, les esclaves revendus par des bateaux hollandais sur le marché brésilien étaient tous vendus à crédit mais à partir de 1644 et 1645, la proportion d'esclaves vendus passe à respectivement 78 % et 100 %, reflet de l’appréhension des portugais, qui sentent que le Brésil risque de leur échapper7 très prochainement8.

L'île de Curaçao sert aussi de refuge après l'expulsion des juifs de la Martinique et de la Guadeloupe en 1685, en particulier de Benjamin da Costa d'Andrade, qui avait acquis des Amérindiens9, ainsi que la technique de préparation du breuvage, en 166410. À partir de 1693, la colonie devient le centre mondial du commerce du cacao.

Le centre mondial du commerce du cacaoModifier

Les Néerlandais utilisèrent à cet effet une enclave de la côte du Venezuela, Tucacas, centre commercial peuplé de Juifs et de Chrétiens de Curaçao pour obtenir des quantités considérables de cacao et de tabac11. Les Juifs exportaient ces denrées vers Amsterdam. Ils participaient aussi au commerce entre Curaçao et d'autres parties du Nouveau Monde et importaient des Pays-Bas des toiles de lin d'Allemagne, du vin de Madère et de Bordeaux, de la cannelle et du poivre des Indes Orientales12. Les sépharades utilisèrent leur connaissance de l'espagnol et du portugais pour commercer — légalement et illégalement — avec les colonies espagnoles voisines.

Au début du XVIIIe siècle, une immigration en provenance des Pays-Bas, d'Europe et d'Asie fait grossir la population à 2.000 personnes. De nombreuses familles juives s'installent à Curaçao et construisent en 1732 la synagogue Mikve Israel-Emanuel qui est aujourd'hui la plus vieille synagogue encore vouée au culte en Amérique.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Anglais et les Français occupent brièvement l'île, ajoutant leurs influences à la culture locale.

Ère contemporaineModifier

En 1828, Curaçao est réuni avec les autres îles appartenant aux Pays-Bas sous la dénomination d'Indes occidentales néerlandaises, dirigées par le gouverneur général de la Guyane hollandaise. En 1848, l'ensemble prend le nom de Curaçao.

En 1863, l'abolition de l'esclavage ruine l'économie de l'île en provoquant un exode vers les autres îles des Antilles.

En 1914, du pétrole est découvert sous le lac Maracaibo au Venezuela. La compagnie pétrolière Caribbean Petroleum Company décide alors de construire une raffinerie sur Curaçao qui ouvrira en mai 1918. Dans les années 1960, les 440 hectares de la raffinerie de Schottegat sont achetés par Shell Curaçao N.V.. À partir de la Seconde Guerre mondiale, Curaçao vit principalement du raffinage du pétrole, du tourisme et du placement bancaire.

Le 1er janvier 1954, les Antilles néerlandaises deviennent un État autonome du royaume des Pays-Bas avec Curaçao comme principale île. En 1986, Aruba se sépare des Antilles néerlandaises pour former un territoire à part entière. [1][2]Vue de WillemstadEn décembre 2006 à La Haye, le gouvernement des Antilles néerlandaises signe avec le gouvernement néerlandais, sur une base non consultative, un accord intitulé déclaration finale qui prévoit la dissolution des institutions politiques communes pour le 15 décembre 2008. Celle-ci est finalement effective le 10 octobre 2010, date à laquelle Curaçao devient un nouvel État autonome au sein du royaume des Pays-Bas.

Histoire des Antilles NéerlandaisesModifier

Les « Îles Sous-le-Vent » furent découvertes par Christophe Colomb en 1493 et les « Îles du Vent  » par Alonso de Ojeda en 1499. Après un début de colonisation par les Espagnols, les îles sont conquises au XVIIe siècle par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Les Antilles néerlandaises servent alors de lieu de transit et d’exploitation des esclaves venus d’Afrique jusqu’en 1863, date de l’abolition de l’esclavage dans ces îles.

En 1954, les îles passent du statut de colonies à celui de territoire associé au royaume des Pays-Bas sous la forme d’une fédération. L’île d’Aruba se sépare de la fédération pour rester associée au royaume des Pays-Bas sous le statut de territoire associé à part entière le 1er janvier 1986.


Source : Wikipédia

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