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Histoire de la GrèceModifier

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Histoire de la Grèce
[1]
Préhistoire de la Grèce
3200 av. J.-C. Civilisation cycladique
2700 av. J.-C. Civilisation minoenne
1550 av. J.-C. Civilisation mycénienne
Grèce antique
1200 av. J.-C. Siècles obscurs
 800 av. J.-C. Époque archaïque
 510 av. J.-C. Époque classique
 323 av. J.-C. Époque hellénistique
 146 av. J.-C. Grèce romaine
Grèce médiévale
 330 Empire byzantin
1202 Quatrième croisade
Grèce ottomane
1453 Chute de Constantinople
1799 République des Sept-Îles
1821 Guerre d'indépendance
Grèce contemporaine
1832 Royaume de Grèce
1936 Régime du 4-Août
1941 Occupation
1946 Guerre civile
1967 Dictature des colonels
1974 République hellénique

Cet article contient les faits saillants de l'histoire de la Grèce de la préhistoire à aujourd'hui.

L'histoire de la Grèce est une histoire très riche, de la Grèce antique à la Grèce actuelle en passant par l’empire d’Alexandre le Grand, l’Empire romain et byzantin, la domination ottomane, le Royaume de Grèce, la guerre civile, et la dictature des colonels.

SommaireModifier

PréhistoireModifier

Article détaillé : Préhistoire de la Grèce.Quelques sites paléolithiques sont aujourd'hui connus en Grèce. Les traces de présence humaine les plus anciennes remontent à 700 000 BP dans la péninsule chalcidique, où un crâne de pré-néandertalien a été découvert à Petralona (Πετράλωνα) 1. Par ailleurs, des traces plus récentes, datant de 40 000 av. J.-C. ont été retrouvées. Trois grottes de la vallée du Louros furent occupées durant le Paléolithique. Un crâne d'homme de Néandertal fut découvert dans les environs de Thessalonique2.

Dès le VIIe millénaire av. J.-C., des sites, annonçant une « révolution néolithique » déjà bien engagée en Orient, révèlent l'apparition de bergers et d'agriculteurs cultivant notamment la vigne et l'olivier.

ProtohistoireModifier

La tradition grecque a gardé le souvenir fondateur de migrations successives. Les grecs ont pu ainsi se reconnaître, par exemple, parmi les Achéens évoqués par Homère.

Aussi, avec l'arrivée depuis les régions septentrionales de guerriers indo-européens, aux IIIe et IIe millénaire av. J.-C., se développe une société plus complexe, plus hiérarchisée. L'usage du métal se répand, et l'on découvre également de nouvelles techniques de navigation et d'agriculture. Les indo-européens importent enfin leur langue et l'habitude de fortifier les villages.

Civilisation cycladiqueModifier

[3][4]Tête cycladique.Article détaillé : Civilisation des Cyclades.L'archéologue grec Chrístos Tsoúntas a suggéré à la fin du XIXe siècle, après avoir rapproché diverses découvertes sur de nombreuses îles, que les Cyclades auraient été englobées dans une unité culturelle au IIIe millénaire av. J.‑C. : la civilisation cycladique3, remontant à l'âge du bronze. Elle est célèbre pour ses idoles de marbre, retrouvées jusqu'au Portugal et à l'embouchure du Danube3, ce qui prouve son dynamisme.

Elle est un peu plus ancienne que la civilisation minoenne de Crète. Les débuts de la civilisation minoenne furent influencés par la civilisation cycladique : des statuettes cycladiques furent importées en Crète et les artisans locaux imitèrent les techniques cycladiques, les sites d'Aghia Photia et d'Archanes en ont apporté les preuves archéologiques4. De même, le cimetière d'Aghios Kosmas en Attique a révélé des tombes de type cycladique contenant des objets cycladiques pouvant indiquer soit la présence d'une colonie cycladique, soit une forte proportion de la population d'origine cycladique, en tout cas une influence cycladique certaine5.

On distingue traditionnellement trois grandes périodes (équivalentes à celles qui divisent l'Helladique sur le continent et le Minoen en Crète)6 :

  • le Cycladique ancien I (CA I) (3200 - 2800) dit aussi Culture Grotta-Pelos ;
  • le Cycladique ancien II (CA II) (2800 - 2300) dit aussi Culture Kéros-Syros, souvent considérée comme l'apogée de la civilisation cycladique ;
  • le Cycladique ancien III (CA III) (2300 - 2000) dit aussi Culture Phylakopi.

Civilisation minoenneModifier

[5][6]Fresque à Knossos.Article détaillé : Civilisation minoenne.La civilisation minoenne se développe en Crète de 2700 à 1200 av. J.-C.. Tirant son nom du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l'archéologue anglais Arthur John Evans au début du XXe siècle.

Civilisation mycénienneModifier

Article détaillé : Civilisation mycénienne.La civilisation mycénienne est une civilisation préhellénique de l’Helladique récent (fin de l'Âge du bronze). Elle tire son nom de la ville de Mycènes, située dans le Péloponnèse. Cette civilisation avait pour écriture le linéaire B.

Au XVIe siècle av. J.-C. se développe la civilisation mycénienne, caractérisée par des fortifications de grande taille entourant des cités situées en hauteur telles Mycènes ou Tirynthe et dont il reste encore aujourd'hui de nombreux vestiges. Selon la tradition (cf. guerre de Troie), ces guerriers seraient responsables de la destruction de Troie. Cette puissance maritime, que l'on retrouve de la Sicile à la Colchide, fonde des colonies, les achaies. Vers 1200 av. J.-C., la splendeur mycénienne prend fin. S'ouvre alors une période que l'historiographie a longtemps appelé les « siècles obscurs », dont il reste assez peu de traces, hormis quelques passages des récits d'Homère ou d'Hésiode.

À partir du IXe siècle av. J.-C., les hommes se regroupent en cités, qui préfigurent les cités-États (voir synœcisme). En 776 sont organisés les premiers Jeux olympiques, en l'honneur de Zeus, le roi des dieux dans la mythologie grecque. Outre les épreuves sportives, dont la tradition se perpétue aujourd'hui encore, les compétitions portent alors également sur la littérature et la musique. C'est à cette époque que la civilisation grecque recommence à rayonner au-delà des rives de la mer Égée.

AntiquitéModifier

Articles détaillés : Histoire de la Grèce antique et Athènes antique.===Siècles obscurs=== Article détaillé : Invasion dorienne.Article détaillé : Siècles obscurs.L'historiographie moderne appelle siècles obscurs (Dark Ages, « Âges sombres » suivant l'expression anglo-saxonne d'origine), en Grèce antique, l'époque qui va du XIIe siècle av. J.-C. au VIIIe siècle av. J.-C.

Les invasions qui aboutissent à la destruction de la civilisation mycénienne marquent le début de la période. Le submycénien commence en 1200 av. J.-C. au maximum et s'étend jusque vers 1015. Il est suivi par le proto-géométrique. Celui-ci se termine avec l'émergence d'Athènes comme foyer culturel, vers 875, caractérisée par le succès d'une nouvelle forme de céramique dite géométrique, et l'avènement de l'âge des cités.

Époque archaïqueModifier

Article détaillé : Époque archaïque.On désigne du terme « époque archaïque » une des cinq époques de l'histoire grecque, définie sur la base des styles de poterie. Elle commence vers 620 et se termine en 480. L'expression est parfois utilisée dans un sens plus large pour la période qui s'étale entre 750 et 480.

Époque classiqueModifier

Articles détaillés : Époque classique, Grèce classique au Ve siècle et Grèce classique au IVe siècle.En ce qui concerne la Grèce antique, l'époque classique correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire depuis la chute de la tyrannie à Athènes en 510 jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323.

L'expression d'« époque classique » est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie. Les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l'épopée d'Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un « âge d'or ». De manière plus contemporaine, l'époque classique sert à désigner la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

Considérée comme la période de référence, il n'y a pas de rupture entre les différentes époques. « Époque classique » est une expression historique commode pour les historiens de ces périodes.

Époque hellénistiqueModifier

[7][8]Alexandre le Grand.Articles détaillés : Époque hellénistique, Alexandre le Grand, Guerres des diadoques, Koinè (grec) et Art hellénistique.L’époque hellénistique (IVe-Ier siècle av. J.-C.), si l’on excepte les figures d’Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l’éclat de l’époque classique grecque et la puissance de l’Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l’importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine.

L’époque hellénistique a été définie par les historiens du XIXe siècle (le terme « hellénistique » est employé pour la première fois par l’historien allemand Johann Gustav Droysen dans Geschichte des Hellenismus (1836 et 1843), à partir d’un critère linguistique et culturel à savoir l’accroissement spectaculaire des régions où l’on parle le grec (ἑλληνίζειν / hellênízein) et donc du phénomène d’expansion de l’hellénisme. Cependant ce phénomène d’hellénisation des populations et de rencontre entre les anciennes civilisations orientales et grecques se poursuit y compris sous l’« Empire gréco-romain », selon l’expression de Paul Veyne. Les limites chronologiques de la période hellénistique sont donc conventionnelles et politiques : elles débutent avec les conquêtes d’Alexandre le Grand et se terminent quand le suicide du dernier grand souverain hellénistique, la reine d’Égypte Cléopâtre VII, fait place à la domination romaine. Les travaux archéologiques et historiques récents conduisent à réévaluer cette période et en particulier deux aspects caractéristiques de l’époque, l’existence et le poids des grands royaumes dirigés par des dynasties d’origine grecque ou macédonienne (Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalides, etc.) mais aussi le rôle déterminant des centaines de cités dont l’importance, contrairement à une idée longtemps répandue, est loin de décliner.

Grèce romaineModifier

Article détaillé : Grèce romaine.La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après le sac de Corinthe jusqu'à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 apr. J.-C..

Grèce médiévaleModifier

Empire byzantinModifier

Article détaillé : Empire byzantin.En 395, à la mort de Théodose Ier, l'Empire romain est partagé en deux parties : l'Empire romain d'Occident qui disparaît en 476, et l'Empire romain d'Orient appelé au XVIe siècle Empire byzantin (en grec Βασιλεία Ρωμαίων / Basileía Rômaíôn : Empire Romain) qui dura jusqu'en 1453 et même jusqu'en 1461 à Trébizonde et Mistra. Le terme byzantin vient de Byzance, l'ancien nom de la capitale Constantinople.

Au cours des mille ans séparant l'an 395 de l'an 1453, un certain nombre de valeurs et de savoirs furent conservés par les Romains : État de droit écrit gouverné par le Code justinien, empereur responsable devant le Sénat, absence de servage, collectivités agricoles libres, techniques agricoles élaborées (irrigation), architecture romane, aqueducs, eau courante, tout-à-l'égout et éclairage dans les villes, usage de bains (que nous appelons "bains turcs"), sémaphores et phares, transmission des savoirs antiques, de la philosophie grecque classique et de la médecine hippocratique dans les universités de Constantinople, Trébizonde et Mistra… Ces savoirs ont aussi été transmis aux Arabes qui à leur tour les ont communiqués à l'Occident.

La disparition de la partie occidentale de l'empire romain et le retrait de ses légions romaines, ainsi que les menaces permanentes sur leurs frontières amenèrent les Byzantins à se doter d'une armée puissante, dont la tactique a évolué et commencé à s'élaborer de manière autonome dès le VIe siècle.

Comme empire romain, l'Empire byzantin fut un État chrétien qui, après le schisme de 1054, resta fidèle (orthodoxe) aux dogmes du christianisme du Premier millénaire.

Domination «latine»Modifier

Articles détaillés : Empire latin de Constantinople, Principauté d'Achaïe et Duché de Naxos.==Domination ottomane== Article détaillé : Grèce ottomane.La majeure partie de la Grèce faisait partie de l’Empire ottoman, dès le XIVe siècle, avant même donc la Prise de Constantinople, et jusqu’à la fin de la guerre d'indépendance grecque au début des années 1830. Constantinople tomba aux mains des Ottomans le mardi 29 mai 1453, Athènes en 1456 et Sparte (devenue Mistra) en 1460. Barbarossa s'empara des Cyclades dans les années 1530. La Crète fut enlevée aux Vénitiens en 1669. Le système du "millet" ottoman s'appliqua à la Grèce et l'Église orthodoxe fut utilisée pour son administration. Les pouvoirs de l'Église et du clergé orthodoxe étaient presque plus importants du temps de l'Empire Ottoman que du temps de l'Empire Byzantin. En échange, la Grèce conserva une relative liberté religieuse.

La prospérité marchande, le dynamisme intellectuel et les quelques privilèges religieux maintinrent le sentiment national grec et la volonté de se libérer du joug turc.

On notera cependant qu'une partie non négligeable de l'actuel territoire resta jusqu'à très tardivement sous la souveraineté vénitienne. En particulier Corfou, Ithaque et l'archipel ionien n'ont jamais fait partie de l'Empire ottoman. Le Péloponnése (Morée) fut aussi reconquis pendant 30 ans jusqu'en 1715 par les Vénitiens.

La République des Sept-îlesModifier

Articles détaillés : Départements français de Grèce, République des Sept-Îles et République des Îles ioniennes.La « République des Sept-Îles » est le nom donné à l'entité rassemblant sept îles de la mer Ionienne (anciennement vénitiennes) et que la France s’était attribuée au traité de Campo-Formio en 1797, entité formée en 1799, sous la double protection de la Russie et de l'Empire ottoman.

Les sept îles composant la République des Sept-îles étaient :

La République des Sept-Îles est reconnue par la République française par le traité d’Amiens en 1801. Le 18 Vendémiaire An X (10 octobre 1801), Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord pour la France et le comte de Markoff pour la Russie, concluent à Paris une convention secrète par laquelle les deux pays reconnaissent et garantissent l’indépendance et la constitution de la République des Sept-Îles-Unies, et conviennent qu’il n’y aurait plus de troupes étrangères dans ces îles. Mais l'archipel est occupé par l'Empire français après le traité de Tilsit en 1807.

En 1809, les Britanniques occupent les îles, à l’exception de Corfou, vigoureusement défendue par le général Donzelot jusqu’en 1814, date à laquelle le traité de Paris place les îles Ioniennes sous le protectorat britannique. Elles prennent alors le nom de « République des Îles ioniennes ».

« La république des îles Ioniennes avec 200 000 habitants, un revenu public de 2 millions de francs, et une milice nationale de 4 à 5 000 hommes, ne pourrait maintenir son indépendance ; mais le Royaume-Uni y entretient environ 2 400 hommes de troupes, et quelques frégates y viennent souvent montrer le pavillon britannique. On assure que le gouvernement britannique dépense jusqu’à 50 000 livres sterling à l’entretien des fortifications, et à la partie de la solde des troupes qui n’est pas à la charge des insulaires. À ce prix, il tient les clefs de la mer Adriatique, et surveille l’Archipel. » (Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, 1837, tome IV, livre 120, t, p. 350.)

Durant le demi-siècle d'existence de la « République des îles Ioniennes », celle-ci est un foyer culturel où se croisent des familles grecques de culture vénitienne telles que les Da Roma, des Phanariotes retirés de la vie politique ottomane tels les Cantacuzène, des républicains grecs tels Capodistria et des humanistes romantiques britanniques tels Lord Byron. Les îles servent aussi de villégiature pour des membres des familles régnantes d'Europe: ainsi, les Habsbourg y ont des résidences d'hiver.

En 1864, le Royaume-Uni se retire de l’archipel, qui fut dès lors rattaché à la Grèce.

L'autonomie de Samos et de la CrèteModifier

Articles détaillés : Crète autonome et Samos.L'île de Samos en Mer Égée a été une principauté autonome de 1829 à 1913 sous la dynastie moldave des Sturdza [9] puis de celle locale des Kopassis. En 1913 elle choisit le rattachement à la Grèce, comme la Crète (en révolte depuis 1866, reconnue autonome depuis 1898, grecque de facto depuis 1908) et la plupart des îles égéennes.

Guerre d’indépendanceModifier

Articles détaillés : Guerre d'indépendance grecque, Siège de Missolonghi et Expédition de Morée.En 1821, les Grecs, Chrétiens orthodoxes se révoltèrent face à la domination de l'Empire Ottoman. Cette révolte réussit et l'indépendance de fait fut proclamée lors de l'Assemblée nationale d'Épidaure en 1822, et Haiti fut le premier pays au monde à reconnaitre l'indépendance de la grèce, le 15 Janvier 1822. L'opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l'image de Chateaubriand, Jean-Gabriel Eynard, Lord Byron, Francois Pouqueville ou le Colonel Fabvier quelques uns des nombreux philhellènes. La Russie était, quant à elle, intéressée au sort des Orthodoxes grecs. Cependant, aucun pays, telle la France de Villèle, ne bougea à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance, particulièrement de l'Autriche de Metternich, partisan acharné de l'ordre et de l'équilibre. Des Grecs vivant hors de l’Empire ottoman, par exemple l'élite de Constantinople (les Phanariotes) ou des habitants des Îles ioniennes tels que Ioannis Kapodistrias ou Spiridon Trikoupis, vinrent rapidement en aide aux révolutionnaires.

Pendant deux ans, les Grecs multiplièrent les victoires. Cependant, ils commencèrent à se déchirer. La Sublime Porte appela à l'aide son puissant vassal égyptien Méhémet Ali. Pour les Grecs, une phase de répressions commença. Cependant les Russes souhaitaient de plus en plus ardemment intervenir. Les Britanniques, quant à eux, désiraient limiter l'influence russe dans la région. Une expédition navale de démonstration fut suggérée en 1827 par le Traité de Londres (1827). Une flotte conjointe russe, française et britannique rencontra et détruisit, sans l'avoir vraiment cherchée, la flotte turquo-égyptienne, lors de la bataille de Navarin. La France intervint, dans un esprit de croisade, par l'expédition française en Morée (Péloponnèse) en 1828. La Russie déclara la guerre aux Turcs la même année. Sa victoire fut entérinée par le traité d'Andrinopole, en 1829, qui augmentait son influence régionale.

Ces interventions européennes précipitèrent la création de l'État grec. La Conférence de Londres (1830), où se réunirent des représentants britanniques, français et russes, permit en effet l'affirmation de l'indépendance grecque que la Prusse et l'Autriche autorisèrent. La France, la Russie et le Royaume-Uni gardèrent ensuite une notable influence sur le jeune royaume.

La Grèce moderne : de l'Indépendance à nos joursModifier

Article détaillé : Histoire de la Grèce aux XIXe et XXe siècles.[10][11]Évolutions territorialesL'État grec obtient son indépendance en 1830 après 8 ans de guerre contre l'Empire ottoman. Le Royaume-Uni, la France et la Russie lui imposent un roi d'origine bavaroise : Othon Ier, pour remplacer la courte république qui avait vu le jour et dont Ioannis Kapodistrias fut le premier chef d'État. Othon mit en place une monarchie absolue, mais il fut contraint de convoquer une assemblée constituante suite au Coup d'État du 3 septembre 1843 (13 septembre 1843 pour le calendrier grégorien). Georges Ier régna ensuite comme Roi des Hellènes de 1863 à son assassinat en 1913. Ensuite, la Grèce vit se succéder Républiques et restaurations monarchiques jusqu'à l'abolition, pour l'instant définitive, de la monarchie en 1974.

La Seconde Guerre mondiale commença pour la Grèce lorsque l'Italie de Mussolini envoya un ultimatum inacceptable auquel Metaxas répondit par un Non désormais célèbre. La guerre italo-grecque, tournant au désavantage de l'Italie, entraîna l'intervention de l'Allemagne nazie. Occupée par l'Allemagne, l'Italie et la Bulgarie, la Grèce fut gouvernée par un régime collaborateur tandis que le roi, réfugié à l'étranger, animait un gouvernement en exil. À l'issue du conflit, le problème constitutionnel et la guerre froide entraînèrent la Grèce dans la guerre civile dans laquelle l'EAM-ELAS, son plus puissant mouvement de libération, dirigé par le Parti communiste de Grèce, fut impliqué. Celle-ci dura jusqu'en 1949.

Dictature des colonelsModifier

Article détaillé : Dictature des colonels.La dictature des colonels est le nom donné au pouvoir politique en place en Grèce de 1967 à 1974, qui provoqua en outre l'exil du roi Constantin II monté sur le trône en 1964. Cette dictature est issue de la prise du pouvoir par une junte d'officiers alors dominée par Geórgios Papadópoulos.

Croissance et crise économiqueModifier

En 1981, après la dictature, le PASOK d'Andreas Papandreou accéda au pouvoir. La Grèce connaît alors une forte croissance économique, et des niveaux de vie jamais atteints auparavant, notamment grâce à la hausse du tourisme étranger en Grèce. Elle adhère à l'Union européenne en 1981, adopte la monnaie européenne en 2001. Le pays accueille la compétition en 2004 à Athènes. À partir de 2007, le pays est touché par la crise économique mondiale et en 2009, elle connaît une grave crise budgétaire, et est forcée de demander l'aide de l'Union européenne.

En décembre 2008, de violentes émeutes éclatent principalement dans les grandes villes ; des manifestants plutôt jeunes s'en prennent aux autorités, attaquant des postes de police, mais aussi des commerces et des banques. De nombreux incendies sont visibles dans la capitale. Ce mouvement de révolte fait suite notamment à la mort d'un jeune mineur abattu par un policier.

Dès lors, la Grèce fait vaciller la stabilité de l'euro dans toute l'Europe. Cependant, les raisons de la crise grecque sont bien plus profondes qu'une crise conjoncturelle : comptes publics truqués et dépenses publiques non contrôlées.



Histoire de la Grèce antiqueModifier

Aller à : Navigation, rechercher{| style=" text-align:center" |Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2010).Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article) |}

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Préhistoire de la Grèce
3200 av. J.-C. Civilisation cycladique
2700 av. J.-C. Civilisation minoenne
1550 av. J.-C. Civilisation mycénienne
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1200 av. J.-C. Siècles obscurs
 800 av. J.-C. Époque archaïque
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 323 av. J.-C. Époque hellénistique
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1832 Royaume de Grèce
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1941 Occupation
1946 Guerre civile
1967 Dictature des colonels
1974 République hellénique

L’histoire de la Grèce antique se décompose en plusieurs périodes, dont les principales sont l’époque archaïque, l’époque classique et l’époque hellénistique. Sous l'appellation « Grèce archaïque », on regroupe les différentes civilisations des Cyclades, minoenne et mycénienne (soit de 2700 à 1200 avant notre ère). La période de transition entre la chute de la civilisation mycénienne et l'époque archaïque, caractérisée par une stagnation voire une régression culturelle — et donc appelée « siècles obscurs » par certains historiens — s'étend ainsi du XIIe siècle av. J.-C. au VIIIe siècle av. J.-C.

SommaireModifier

IntroductionModifier

On appelle « Grèce antique » la période de l'histoire de la Grèce s'étendant pendant près d'un millénaire jusqu'à la bataille d'Actium. De nombreux historiens considèrent qu'elle est la culture fondatrice de la civilisation occidentale. La civilisation grecque eut en effet une influence considérable sur l'Empire romain, qui en exporta les éléments constitutifs dans de nombreuses parties de l'Europe. Par ailleurs, elle influença la langue, la science politique, l'éducation, la philosophie, la science et les arts, sa redécouverte fut à l'origine de la Renaissance en Europe occidentale et elle fut de nouveau à l'honneur dans les courants néoclassiques des XVIIIe et XIXe siècles en Europe et aux Amériques.

Le terme « Grèce antique » désigne le monde parlant grec ancien durant l'Antiquité. Il comprend non seulement la péninsule de la Grèce actuelle mais aussi les endroits de culture hellénique où les anciens Grecs s'établirent : Chypre, les îles de la mer Égée, la côte égéenne de l'Anatolie (appelée par la suite Ionie), la Grande Grèce (Sicile et sud de l'Italie), ainsi que les colonies grecques éparpillées sur les côtes d'Illyrie, de Thrace, d'Égypte, de Cyrénaïque, du sud de la Gaule, de l'est et du nord-est de la péninsule Ibérique, de la Colchide (ou Ibérie du Caucase) et de la Tauride. [14][15]La Vénus de Milo, un des chefs-d’œuvre de la Grèce antique==Chronologie== Article détaillé : Chronologie de la Grèce antique.Il n'y a pas de dates universellement reconnues concernant le début et la fin de la période grecque antique. Généralement, cette appellation fait référence à toute l'histoire grecque antérieure à la conquête par l'Empire romain, mais les historiens apportent davantage de précision. Certains auteurs incluent la période mycénienne, hellénophone, qui s'est terminée aux alentours du XIIe siècle av. J.-C., mais la majorité estime que l'influence minoenne était trop importante et trop différente de la culture grecque en devenir et que ces deux périodes doivent être considérées séparément.

Ce qu'on appelle l'Antiquité grecque est une période d'un millénaire s'étendant de la fin de la civilisation mycénienne à la conquête de la Grèce par la République Romaine, qui est partagée entre quatre sous-périodes, définies d'après l'art aussi bien que la culture et la politique. La première d'entre elles est appelée » siècles obscurs » (XIe siècle av. J.-C.IXe siècle av. J.-C.). Durant cette époque, les artistes emploient des motifs géométriques tels que carrés, cercles et lignes pour orner les amphores et autres poteries. L'époque archaïque (VIIIe siècle av. J.-C.VIe siècle av. J.-C.) est illustrée par de grandes sculptures, dressées dans des poses hiératiques et au fameux » sourire archaïque ». À l'époque classique (500323) les artistes perfectionnent le style classique, qui reste exemplaire, par exemple dans le Parthénon. Après les conquêtes d'Alexandre le Grand, durant l'époque hellénistique (323146), aussi appelée alexandrine, la civilisation grecque s'étendra de l'Égypte à la Bactriane.

Traditionnellement, la période de la Grèce antique commence avec la date des premiers Jeux olympiques en 776, mais beaucoup d'historiens datent le début de cette période à 1000. La date couramment admise pour la fin de la Grèce antique est celle de la mort d'Alexandre le Grand en 323. La période suivante est nommée l'époque hellénistique et dure jusqu'à l'intégration de la Grèce dans la République romaine en 146.

Ces dates sont des conventions d'historiens et certains écrivains considèrent la civilisation grecque ancienne comme un continuum jusqu'à l'avènement du christianisme au IIIe siècle apr. J.-C.

SourcesModifier

Toute histoire de la Grèce antique requiert une analyse soigneuse des sources qui la décrivent. Or la majorité des écrits — politiques ou historiques — de cette période qui sont parvenus jusqu'à nous provient de la sphère athénienne. C'est notamment le cas pour des auteurs comme Thucydide, Xénophon, Démosthène, Platon (et à travers lui Socrate) ou encore Aristote.

C’est pourquoi l’histoire d’Athènes occulte partiellement celle d'autres cités comme Corinthe, Sparte ou Thèbes, souvent mal connue dans le détail. En outre, l'approche des historiens antiques s'est souvent concentrée sur les aspects politiques, militaires et diplomatiques des évènements aux détriments d'autres types d'approches (histoire économique ou sociale, histoire des mentalités...). Enfin, de nombreuses sources ont disparu ou ne nous sont parvenues que partiellement. Il convient donc de garder à l'esprit ces limites au moment d'aborder l'histoire la Grèce antique.

La période allant de 1100 à environ 800 est connue comme celle des Siècles obscurs : aucun texte princeps ne nous en est parvenu et seules les recherches archéologiques en mettent en évidence les vestiges. Seuls des textes seconds et/ ou tertiaires tels que : l’Histoire d’Hérodote, la Description de la Grèce de Pausanias le géographe, la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile ou les Chroniques de Saint Jérôme, contiennent de brefs aperçus chronologiques et des listes dynastiques des rois de cette période.

OriginesModifier

On pense que les Grecs ont migré du sud vers la péninsule balkanique en plusieurs vagues de peuplement commençant vers la fin du IIIe millénaire av. J.‑C. ; l'invasion dorienne en représentant la dernière vague.

La période allant de 1600 à environ 1100 av. J.-C. est connue comme la Période mycénienne ; célèbre par le règne d'Agamemnon et la Guerre de Troie illustrés par les épopées d'Homère, l'Iliade et l'Odyssée.

L'émergence du monde grecModifier

Article détaillé : Époque archaïque.Après l'effondrement de la Civilisation mycénienne, le monde grec se réorganise à partir du VIIIe siècle av. J.-C. Les textes mycéniens et leur alphabet même avaient été oubliés, mais les Grecs prennent possession de l'alphabet phénicien pour forger un nouvel alphabet grec, les premières traces de récits en caractères grecs remontent à 800. Le monde grec était divisé en de multiples entités autonomes, suivant la géographie physique où chaque ile, vallée, est coupée de ses équivalents par le relief, les chaines de montagnes, qui rendent difficiles (mais possible) de passer de l'une à l'autre.

L'économie et les échanges progressent tout de même tandis que la population s'accroît parallèlement à la surface cultivée (selon Mogens Herman Hansen, la population grecque est multipliée par plus de dix de 800 à 350, passant de 700 000 à une population estimée entre 8 et 10 millions) [1]. À partir de 750, les Grecs ont une phase d'expansion territoriale (face aux autres peuples démographiquement moins dynamiques) de 250 ans, établissant des colonies dans toutes les directions. D'abord vers l'Est, dans les îles de la mer Égée et vers la côte anatolienne, puis vers Chypre et la côte Thrace, la mer de Marmara et la côte sud de la mer Noire. Finalement, la colonisation atteint jusqu'au Nord-Est de l'Ukraine actuelle. Vers l'Ouest, les côtes albanaises, de Sicile et le Sud de l'Italie (« Grande Grèce ») sont colonisées, puis suivent les côtes du Sud-Est de la France (Marseille), la Corse, et même le Nord-Est de l'Espagne. D'autres colonies sont également fondées en Égypte et Libye. Les villes actuelles de Syracuse, Naples, Marseille et Istanbul sont nées des colonies grecques nommées Syracusa, Neapolis, Massalia et Byzance.

Au VIe siècle, le monde grec, habité par des hommes de langue et culture grecque, est beaucoup plus vaste que la péninsule grecque ou que l'État grec actuel. Mais l'ensemble de ces colonies ne sont pas politiquement reliées entre elles, ni nécessairement par leur cité-mère. Les colonies en gardent cependant des propriétés religieuses, et un lien préférentiel entre cité-mère et colonie-fille. Des deux côtés, les Grecs s'organisent en cités autonomes, et la cité (polis) devient l'unité fondamentale du monde grec. [16][17]Le monde grec antique, vers 550 avant Jésus-ChristLors du VIe siècle av. J.-C., l'économie se développe davantage autant dans la péninsule grecque que dans les colonies lointaines, avec une augmentation du commerce (maritime) et de la production artisanale. Ce développement économique s'accompagne également d'une notable amélioration des conditions de vie. Certaines études, estimant que la surface des maisons grecques aurait, de 800 à 300, été multipliée par 5, indiquent une similaire augmentation des standards de vie.

Par son niveau de développement économique, la Grèce antique du IVe siècle est considérée comme l'économie d'échange et de production la plus avancée du monde. Selon certains historiens économiques, c'est également le cas en termes d'économie pré-industrielle et de techniques. Cela s'illustre par exemple par le salaire journalier moyen d'un travailleur, qui équivaut alors à 13 kg de grains, plus de 4 fois le salaire journalier d'un égyptien (~3 kg de grains).

Conflits sociaux et politiquesModifier

L'ère monarchique

Les cités grecques étaient originellement des monarchies, gouvernées donc, selon la Coutume par un monarque, le roi souvent assisté par le Conseil des Anciens. Quoique pour beaucoup d'entre elles, très petites, le terme de "roi" (basileus) semble quelque peu disproportionné. En fait, les cités sont de petits États indépendants (les Cités – États : 750 environ), abritant quelques centaines ou quelques milliers d’habitants, les citoyens qui forment le dêmos (le « peuple » en grec). Elles sont composées très simplement d'une ville, plus ou moins fortifiée, et de sa campagne environnante.

L'ère aristocratique et tyrannique

Dans ce pays toujours à court de terres cultivables, le pouvoir appartient de fait à une petite poignée de propriétaires terriens, qui forment une classe guerrière aristocratique (ou oligarchique) se lançant fréquemment dans de petites guerres inter - cités, faisant et défaisant rapidement les monarchies en place.

Mais vers cette époque l'ascension d'une classe marchande (qu'illustre l'introduction de la monnaie vers 680) engendre une nouvelle sorte de conflits entre les grandes cités. Passé 650, l'aristocratie doit combattre pour n'être pas renversée et remplacée par des leaders populistes appelés tyrans. À remarquer que ce terme de (tyran- tyrranoï), n'a pas nécessairement le sens moderne de dictateur despotique mais désignait le plus souvent, simplement le chef (ou le maire) de la Cité.

Au VIe siècle plusieurs cités émergentes dominent le monde grec : Athènes, Sparte, Corinthe et Thèbes. Chacune d'elles a amené les campagnes et les petites villes avoisinantes sous son contrôle. Alors qu'Athènes et Corinthe deviennent de grandes puissances marchandes autant que maritimes ; Athènes et Sparte entament une rivalité qui dominera l'Histoire grecque durant des générations.

À Sparte, l'aristocratie foncière maintient son pouvoir que la Constitution de Lycurgue (vers 650) ne fera que renforcer en donnant à Sparte un régime militaire permanent sous forme d'une monarchie bicéphale. Sparte domine les autres cités du Péloponnèse, avec les seules exceptions d'Argos (la plus vieille des cités grecques) et de l'Achaie.

L'éveil de la démocratie

[18][19]Le Temple d'Athena, le ParthénonAthènes, au contraire, la monarchie fut abolie en 683, et Solon par ses réformes y établit un système modéré de gouvernement, considéré comme l'ancêtre de la démocratie. Ces systèmes de gouvernement (aristocratique puis (pré)démocratique) furent suivis par la tyrannie de Pisistrate (qui s'était allié à Sparte) puis celle de ses fils, qui donnèrent cependant à la cité une grande puissance navale et commerciale. Lorsque les Pisistratides furent renversés, Clisthène (en grec Κλεισθένης / Kleisthénês, vers 570/507 av. J.-C.) établit la première véritable démocratie en (500 av. J.-C.), avec un pouvoir tenu par une assemblée de citoyens masculins. Comme garant de cette démocratie, il établit les premiers votes (assez simplistes à l'aide de pierres noires pour dire non et de pierres blanches pour dire oui). Mais l'on doit encore se souvenir que seule une minorité d'habitants masculins étaient citoyens, à l'exclusion des esclaves, des femmes, des métèques (étrangers)1 et des non autochtones (les non-Athéniens).

Les guerres médiquesModifier

Articles détaillés : Grèce classique au Ve siècle et Guerres médiques.Depuis 546 et la chute du royaume lydien, les cités grecques d'Ionie (côte ouest de l'actuelle Turquie) passent peu à peu sous la domination de l'empire perse. Un satrape perse, sorte de gouverneur de province, était chargé d'assurer la levée de l'impôt royal et installe donc dans les cités grecques des gouvernements favorables. Pour autant, les traces numismatiques retrouvées montrent que l'économie de la région conserva sa vigueur et que les religions et pratiques grecques sont respectées, l'empire perse se voulant pluriculturel. Mais vers 500-499, Aristagoras et la cité de Milet parvinrent à soulever l'Ionie contre la tutelle perse et demande de l'aide aux cités de Grèce. Sparte refuse de s'emporter dans une guerre aussi lointaine et hasardeuse, Athènes envoie 20 navires (soit 4000 hommes), Érétrie 5. Après l'audacieuse prise de Sardes, les Grecs doivent se replier. Les Athéniens abandonnent, tandis que la révolte s'éteint en même temps qu'elle est matée. En 494, la bataille de Ladè marque la fin de ce premier affrontement.

Mais Darius Ier, le « Grand Roi » perse, constatant sans doute que les cités de Grèce constituent un arrière-pays encourageant les agitations, il décide l'expédition punitive de 492-490. La marine perse conquiert les îles grecques, prend Érétrie, et débarque en Attique (région d'Athènes) afin d'attaquer Athènes. Après plusieurs jours d'escarmouches, les Perses rembarquent pour débarquer directement face à Athènes. Les 10 000 hoplites athéniens menés par Miltiade attaquent alors, font 6400 morts et repartent rapidement à Athènes : c'est la bataille de Marathon de 490. Lorsque la marine perse arrive face à Athènes, elle voit l'armée athénienne dans la cité et constate que sa tentative de contournement a échoué. Les Perses retournent vers leur territoire, fêtant la conquête des îles de l'Égée.

Après avoir été occupé par une révolte en Égypte, Xerxès Ier organise l'expédition punitive de 480, de plus grande envergure : près de 300.000 hommes selon les historiens contemporains associés à une marine de 1207 navires selon Hérodote. Deux ponts de navires sont construits à travers le détroit de l'Hellespont permettant le passage des troupes en Thrace. Le monde grec s’inquiète, et s’allie finalement en une ligue grecque sous l’Hégémonie de Sparte, la cité la plus puissante, qui prend le commandement des opérations. Les Perses marchent vers le sud tandis que leur flotte les accompagne en longeant les côtes. À la bataille des Thermopyles, en 480, le roi de Sparte Léonidas et une petite troupe se sacrifient courageusement pour ralentir la marche perse. Mais les Perses prennent la Béotie et l'Attique, Athènes est mise à sac et brulée. Les Athéniens ayant été évacués sur les îles proches, tandis que les citoyens aptes à se battre sont embarqués sur les navires de la coalition grecque. L'audacieux Thémistocle parvient à désinformer les Perses et à attirer leur flotte dans le piège du détroit de Salamine. Les navires perses sont ainsi massacrés dans cette bataille de Salamine (480), une victoire des classes pauvres athéniennes. Un an plus tard, malgré les propositions de paix séparées offertes à Athènes, les alliés grecs guidés par Sparte et Pausanias défont les Perses à la bataille de Platées, repoussant les troupes terrestres. La bataille du cap Mycale achève la flotte perse en mer Égée. Byzance est prise en 478.

Dans cette course aux îles, Athènes libère puis enrôle toutes les îles grecques précédemment sous domination perse. Elle les enrôle face à la menace - toujours réelle - de la puissance perse en une sorte de « Ligue anti-Perses ». Chacune des cités membres a un devoir d'assistance et de contribution à la marine de défense commune, soit en fournissant navires et hommes, soit en finançant la ligue. Ces financements sont eux stockés sur l'île de Délos, ce qui donnera postérieurement à cette ligue le nom de Ligue de Délos2. La diplomatie spartiate, divisée entre l'implication militaire en mer Égée et l'isolement, opte finalement pour le repli, laissant le plein commandement à Athènes. Cette dernière profite du champ libre pour établir son hégémonie militaire et commerciale sur la mer Égée.

Domination d’AthènesModifier

Article détaillé : Impérialisme athénien.[20][21]Périclès, copie du buste de Crésilas (v. 430 av. J.-C.), musée Pio-ClementinoLes guerres médiques entraînent un siècle de domination athénienne sur les affaires grecques. Athènes devient le maître incontesté des mers, ainsi que la puissance commerciale dominante, bien que Corinthe reste une rivale sérieuse. L'homme d'État le plus important de l'époque est Périclès, qui utilise le tribut des membres de la ligue de Délos pour construire le Parthénon et les autres grands monuments de l’Athènes classique. Au milieu du Ve siècle, la ligue de Délos devient de fait un empire athénien, avec le transfert du trésor de Délos au Parthénon en 454.

La richesse d'Athènes attire les talents de toute la Grèce, et donne naissance à une riche classe oisive. Avec l'État athénien, elle favorise les sciences et les arts, notamment l'architecture. Athènes devient le centre grec de la littérature, de la philosophie et des arts. Parmi les grands noms de l'histoire culturelle et intellectuelle occidentale qui vécurent à Athènes à cette époque on trouve : les tragiques Eschyle, Euripide et Sophocle, le poète comique Aristophane, les philosophes Aristote, Platon, et Socrate, les historiens Hérodote, Thucydide et Xénophon, le poète Simonide et le sculpteur Phidias. La cité devient, selon le mot de Périclès, « l'école de la Grèce. »

Les autres cités grecques acceptent d'abord la domination athénienne au nom de la poursuite de la guerre contre les Perses, mais après la chute du conservateur Cimon en 461, Athènes devient de plus en plus ouvertement une puissance impérialiste. Après la victoire grecque à la bataille de l'Eurymédon en 466, les Perses cessent d'être une menace, et certaines cités, comme Naxos, tentent sans succès de faire sécession de la ligue de Délos. Les nouveaux leaders athéniens, Éphialtès puis Périclès -plus populaires-, laissent les relations entre Athènes et Sparte se dégrader, et en 458 la guerre éclate. Après plusieurs années d'une guerre indécise, un traité de paix est signé pour trente ans entre la ligue de Délos et ligue du Péloponnèse (Sparte et ses alliés). Cela coïncide avec le dernier affrontement entre Grecs et Perses, une bataille navale au large de Salamine de Chypre, suivie de la paix de Callias en -449. Ensuite commence une nouvelle ère de la Grèce.

La Guerre du PéloponnèseModifier

Article détaillé : Guerre du Péloponnèse.En 431 la guerre éclate entre Athènes et Sparte, soutenues par leurs alliés respectifs. Trois causes principales sont avancées par les historiens antiques, notamment Thucydide et Plutarque. Avant la guerre, Athènes s'était mêlée à un différend entre Corinthe et l'une de ses colonies, Corcyre (actuelle Corfou). Peu après, Corinthe et Athènes s'étaient disputées le contrôle de Potidée, ce qui avait débouché sur son siège par Athènes. Athènes est accusée par les membres de la Ligue du Péloponnèse de violer la paix de trente ans du fait de toutes ses actions, et Sparte lui déclare la guerre.

De nombreux historiens considèrent que ce n'étaient que des prétextes, la cause véritable de la guerre étant le ressentiment grandissant de Sparte et de ses alliés face à la domination athénienne sur les affaires grecques. La guerre dure 27 ans, notamment parce que l'affrontement entre la puissance navale d'Athènes et la puissance militaire terrestre de Sparte était difficile.

La stratégie initiale de Sparte est d'envahir l'Attique, mais les Athéniens parviennent à se replier derrière leurs murs. Périclès périt d'une épidémie de peste qui décime la cité durant le siège. Au même moment, les troupes débarquées au Péloponnèse par la flotte athénienne vainquent à la Naupacte (429) et à Pylos (425). Mais aucun camp n'obtient de victoire décisive, et après quelques années l'athénien modéré Nicias conclut la paix de Nicias en 421.

En 418 cependant, l'hostilité entre Sparte et Argos, alliée d'Athènes, conduit à la reprise des combats. À Mantinée Sparte défait les armées d'Athènes et de ses alliées. La reprise des hostilités ramène le parti belliciste, mené par Alcibiade, au pouvoir à Athènes. En 415 Alcibiade persuade l'assemblée athénienne de lancer une expédition capitale contre Syracuse, alliée sicilienne des Péloponnésiens. Bien que Nicias se déclare sceptique sur cette expédition sicilienne, il en est nommé chef avec Alcibiade. Suite à des accusations de sacrilège, Alcibiade s'enfuit à Sparte où il persuade les Spartiates d'envoyer de l'aide aux Syracusains. De ce fait, l'expédition tourne au désastre, et le corps expéditionnaire au complet est perdu. Nicias, pris, est exécuté.

Sparte a enfin construit une flotte (avec l'aide des Perses) capable de rivaliser avec la suprématie maritime athénienne, et trouvé en Lysandre un brillant chef militaire, qui occupera l'Hellespont, passage stratégique pour l'approvisionnement en blé d'Athènes. Menacée de famine, Athènes envoie ses derniers navires contre Lysandre, qui les défait définitivement à Aigos Potamos en 405. Sa flotte perdue, Athènes est au bord de la banqueroute. En 404, Athènes demande la paix, et Sparte dicte de dures conditions : Athènes perd ses murailles, sa flotte, et toutes ses possessions outre-mer. Le parti anti-démocratique, soutenu par Sparte, prend le pouvoir.

Domination de Sparte puis de ThèbesModifier

Article détaillé : Grèce classique au IVe siècle.La fin de la guerre du Péloponnèse fait de Sparte la maîtresse de la Grèce, mais les conceptions étroites de l'élite militaire spartiate ne conviennent pas à ce rôle. Au bout de quelques années le parti démocratique reprend le pouvoir à Athènes et dans d'autres cités. En 395 les rois de Sparte rejettent Lysandre, et Sparte perd sa suprématie maritime. Athènes, Argos, Thèbes et Corinthe (ces deux dernières anciennes alliées de Sparte), s'opposent à la domination spartiate lors des guerres corinthiennes, qui s'achèvent sans vainqueur en 387. La même année Sparte s'aliène l'opinion grecque en concluant le traité d'Antalcidas avec la Perse, qui rend les cités grecques d'Ionie et de Chypre ; ainsi sont effacées un siècle de victoires grecques contre la Perse. Sparte tente alors d'affaiblir la puissance de Thèbes. Dans la guerre qui s'ensuit, Thèbes s'allie avec la vieille ennemie, Athènes.

Les généraux thébains Épaminondas et Pélopidas gagnent la victoire décisive de Leuctres en 371. C'est la fin de la suprématie de Sparte, remplacée brièvement dans ce rôle par Thèbes, Athènes recouvrant beaucoup de son ancienne puissance. À la mort d'Épaminondas à Mantinée en 362, Thèbes perd son plus grand leader, et ses successeurs s'enferrent pendant dix ans dans la troisième guerre sacrée contre la Phocide. En 346 les Thébains en appellent à Philippe II de Macédoine contre les Phocidiens, impliquant pour la première fois les Macédoniens dans les affaires grecques.

L'ascension de la MacédoineModifier

Article détaillé : Époque classique : Émergence de la Macédoine.Le royaume de Macédoine remonte au VIIe siècle av. J.-C. Il a un rôle mineur dans les affaires politiques grecques jusqu'au Ve siècle av. J.-C.. Au début du IVe siècle, l'ambitieux roi Philippe II de Macédoine, éduqué à Thèbes, veut jouer un rôle plus important. En particulier, il veut être reconnu comme le nouveau chef des Hellènes pour la libération des cités grecques d'Asie du joug perse. En reprenant les cités grecques d'Amphipolis, Méthone et Potidée, il s'empare des mines d'or et d'argent de Macédoine. Cela lui donne les moyens de ses ambitions. [22][23]Philippe II de MacédoinePhilippe impose la domination macédonienne sur la Thessalie (352) et la Thrace, et en 348 il contrôle toutes les régions se trouvant au nord des Thermopyles. Il utilise ses richesses pour corrompre des politiciens grecs, créant un "parti pro-macédonien" dans chaque cité grecque. Son intervention dans la guerre entre Thèbes et les Phocidiens lui donne un grand prestige, ainsi que l'opportunité de compter dans les affaires grecques. L'orateur athénien Démosthène, dans une série de discours fameux, les Philippiques, exhorte les Athéniens à résister à l'ascension de Philippe.

En 339 Thèbes et Athènes s'allient contre l'influence grandissante de Philippe. Ce dernier attaque le premier, s'avançant en Grèce et battant les alliées à Chéronée en 338. Cette victoire marque traditionnellement le début du déclin de système des cités-états, bien que la plupart perdurent en tant qu'États indépendants jusqu'à la conquête romaine.

Philippe II essaie sans grand succès de gagner à lui les Athéniens par des flatteries et des dons. Il unit les cités dans la Ligue de Corinthe, et annonce qu'il va mener l'invasion de la Perse pour libérer les cités grecques et venger les invasions perses des siècles précédents. Mais il est assassiné avant, en 336.

Les conquêtes d’AlexandreModifier

Article détaillé : Alexandre le Grand.La succession de Philippe échoit à son fils de 20 ans Alexandre, qui s'emploie immédiatement à réaliser les projets de son père. Il entreprend de raviver la tradition athénienne par une victoire sur la Perse. Il se rend à Corinthe où les cités qui s'y sont assemblées le reconnaissent chef des Grecs, puis se dirige vers le nord pour réunir ses forces. Le noyau dur de son armée est constitué par de robustes montagnards macédoniens, mais il multiplie les effectifs et diversifie son recrutement avec des prélèvements de troupes dans toutes les régions grecques. Il enrichit sa tactique en ayant recours à la cavalerie thébaine ou à la guérilla spartiate. Son génie et ses constructions navales sont en grande partie d'origine grecque, faisant usage des techniques amphipolitaines de renfort des navires. Mais tandis qu'Alexandre fait campagne en Thrace, il apprend que les cités grecques se sont rebellées. Dans un vaste mouvement vers le sud, il capture Thèbes puis la rase, ne laissant subsister qu'un seul édifice, la maison du poète Pindare, qui avait jadis fait l'éloge de son ancêtre Alexandre Ier. Ceci a servi de symbole et d'avertissement aux cités grecques désormais obligées d'accepter que sa puissance ne pourrait plus être défiée, tout en sachant qu'il préserverait et respecterait leur culture si elles étaient obéissantes.

En 334, Alexandre passe en Asie, et remporte une victoire sur les Perses au fleuve Granique. Il obtient ainsi le contrôle de la côte ionienne, et fait un cortège triomphal dans les cités grecques libérées. Après avoir réglé certaines affaires en Anatolie, il avance au sud à travers la Cilicie et gagne la Syrie, où il défait Darius III lors de la bataille d'Issos en 333. Il traverse alors la Phénicie et passe en Égypte, qu'il conquiert sans rencontrer de résistance, les Égyptiens l'accueillant comme le libérateur de l'oppression perse, et le fils prophétique d'Amon.

Darius est maintenant prêt à faire la paix et Alexandre pourrait rentrer triomphalement en Macédoine, mais il est décidé à conquérir la Perse et à devenir le maître du monde. Il fait route vers le nord-est à travers la Syrie et la Mésopotamie, et vainc Darius à nouveau à Gaugamèles (331). Darius s'est échappé et a été tué par ses propres hommes, et Alexandre se retrouve maître de l'empire perse, occupant Suse et Persépolis sans rencontrer de résistance. [24][25]Carte de l'empire grec d'Alexandre le GrandPendant ce temps, les cités grecques font de nouvelles tentatives pour échapper à la domination macédonienne. À la bataille de Megalopolis en 331, le régent d'Alexandre Antipater bat les Spartiates, qui avaient refusé de participer à la ligue de Corinthe.

Alexandre avance à marche forcée à travers ce qui est aujourd'hui l'Afghanistan et le Pakistan jusqu'à la vallée de l'Indus et vers 326 il atteint le Pendjab. Il aurait pu descendre la vallée du Gange jusqu'au Bengale si son armée, convaincue d'être arrivée à l'extrémité du monde, n'avait refusé d'aller plus loin. Alexandre rebrousse chemin à contrecœur, et meurt de fièvre à Babylone en 323.

L'empire d'Alexandre se brise peu après sa mort, mais ses conquêtes changent le monde grec de manière irréversible. Des milliers de Grecs voyagent avec lui ou sur ses traces pour s'installer dans les nouvelles cités grecques qu'il a fondées pendant son périple, dont la plus importante est Alexandrie en Égypte. Des royaumes hellénophones sont établis en Égypte, en Syrie, en Perse et en Bactriane. Les connaissances et les cultures de l'est et de l'ouest s'interpénètrent et interagissent. L'époque hellénistique commence.

Époque hellénistiqueModifier

Article détaillé : Époque hellénistique.Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !==Domination romaine== Article détaillé : Grèce romaine.À partir de -229 (Première guerre d'Illyrie), les Romains commencent à intervenir dans les affaires grecques, de façon progressivement plus importante, le processus aboutissant finalement à la création de la province romaine d'Achaïe en -27.


Source : Wikipédia

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