FANDOM


Histoire de l'ÉgypteModifier

Aller à : Navigation, rechercher[1][2]Vase d'apothicaire, Égypte, XIVe siècleL'histoire de l'Égypte est d'abord marquée par les témoignages inestimables légués par l'Égypte antique, qui ont fasciné des l'Antiquité et qui reste particulièrement marquante en dehors de l'Égypte. Après la période ptolémaïque, l'Égypte n'est plus, durant plusieurs siècles, qu'une partie d'empires plus vastes que sont l'Empire romain, l'Empire arabe puis l'Empire ottoman. Elle ne retrouve une certaine autonomie qu'au XIXe siècle et son indépendance en 1922. Après des régimes autoritaires, elle connaît une démocratisation difficile avec la révolution de 2011. Écrire l'histoire est encore relativement difficile tant la documentation est fragmentaire et lacunaire. En particulier, les dates de changement d'ère données ci-dessous ne peuvent être qu'approximatives, les avis divergent sur ce sujet.

SommaireModifier

ChronologieModifier

Articles détaillés : Chronologie de l'Égypte et Chronologies comparées des dynasties égyptiennes.==Égypte antique== Article détaillé : Égypte antique.*Période paléolithique (-500 000 à -10 000)

Le découpage traditionnel de l’histoire égyptienne ancienne comprend plusieurs périodes correspondant à une ou plusieurs dynasties. Elle correspond à trois périodes de prospérité (Ancien Empire, Moyen Empire, Nouvel Empire) séparées de périodes de crises et d'invasions appelées « intermédiaires ». Les apports scientifiques et notamment archéologiques récents tendent à atténuer ce découpage qui conserve néanmoins une certaine pertinence.

Les premières structures de type néolithique, datées du VIe millénaire avant notre ère, apparaissent dans le Fayoum. Au début du Ve millénaire, des habitats structurés naissent près du delta du Nil, comme le site de Mérimdé Beni Salamé, avec de la culture, notamment de blé et d'orge et de l'élevage de bovins, d'ovins et de porcs1. Le sud de la vallée reste marqué plus longtemps par le nomadisme, sans exclure des formes d'élevage. La sédentarisation intervient vers 4400 avant notre ère, avec la culture dite de Badari caractérisé par un artisanat riche et varié, la pratique de l'agriculture et des séries de nécropoles élaborées. Ces groupes devaient être en relation avec le Sinaï et le Soudan. Cette période appelée Période néolithique ou prédynastique s'étend de -5000 à -2950 environ.

Vers 3800 avant notre ère se développent deux cultures égyptiennes : l'une au nord, plus marquée par l'agriculture, représentée notamment par Maadi, l'autre au sud, dite de Nagada, avec un artisanat plus développé mais aussi une place plus grande de la chasse. À la fin du IVe millénaire, vers 3300 avant notre ère, les deux cultures se rapprochent : la fusion de la Haute et de la Basse-Égypte intervient au début de cette période dite thinite (-2950 à -2650), du nom du site de Thinis2. [3][4]Inscription en hiéroglyphes de la tombe de Séthi Ier à Karnak.Les hiéroglyphes égyptiens sont inventés vers 3150 av. J.-C. et constituent, avec la découverte du papyrus, les éléments de diffusion de la culture égyptienne3. L'Égypte est unifiée sous la direction d'un monarque appelé pharaon, considéré comme d'essence divine au sein d'une mythologie qui naît à la même époque4. Ce royaume de Haute et Basse Égypte de l'Ancien Empire (-2650 à -2152) est administré en différentes provinces appelées nomes. Le pouvoir pharaonique contrôle de près l'économie, notamment la terre et le commerce5, et constitue autour de lui une aristocratie. L'époque est marquée par le développement de l'art égyptien, et notamment d'un art funéraire monumental représenté par les mastabas et les premières pyramides6.

Cette période brillante est suivie de la première période intermédiaire (-2152 à -2065) qui voit l'unité de l'Égypte mise à mal par des crises dynastiques et le pouvoir des nomarques7. Le Moyen Empire, qui dure près de trois siècles (-2065 à -1785), voit une réaffirmation du pouvoir de pharaon, qui peut s'appuyer sur une « classe moyenne » instruite et assez prospère ainsi que sur une forme d'armée permanente formée notamment de Nubiens soumis8. La littérature apparue dès l'Ancien Empire se compose notamment de récits cosmogoniques et de textes de sagesse9 ; à partir de la première période intermédiaire apparaissent aussi des textes plus pessimistes mais aussi des textes de propagande pharaonique10.

La deuxième période intermédiaire (-1785 à -1580) commence avec la confrontation avec les Hyksôs, peuple mal identifié et à l'origine discutée, qui prend le pouvoir en Basse-Égypte sans jamais s'imposer sur la Haute-Égypte avec laquelle il garde des relations commerciales11. Les dynasties thébaines mènent alors la reconquête du royaume de Koush puis de la Basse-Égypte et du delta du Nil12, donnant naissance au Nouvel Empire (-1580 à -1085).

Une nouvelle administration plus élaborée se met en place ainsi qu'une armée puissante. Ces deux forces permettent à l'Égypte de jouer un rôle de puissance régionale, notamment sur la Nubie et la Palestine qui passent sous sa protection13 Le fonctionnement de l'économie évolue, avec notamment une forme de privatisation du contrôle de la terre, l'importance sociale accrue de groupes de population comme les militaires et le clergé, mais aussi des revendications sociales14. C'est par ailleurs du Nouvel Empire que datent les réalisations les plus remarquables de l'art égyptien comme l'enceinte d'Amon-Rê à Karnak ou les temples d'Abou Simbel15. [5][6]Médaillon originaire d'Alexandrie datant de l'époque ptolémaïque (IIe s. av. J.-C.)La troisième période intermédiaire (-1085 à -663) voit la prise du pouvoir par les prêtres d'Amon en Haute-Égypte16. Le pouvoir passe à des dynasties d'origine libyenne puis originaire du sud (dynastie koushite ou éthiopienne)17.

Commence alors la Basse époque (-663 à -332) qui voit alterner des périodes de gouvernement traditionnel et d'autres où l'Égypte est sous la coupe de ses puissants voisins, notamment les Perses18.

Alexandre le Grand, après avoir vaincu les Perses, s'empare de l'Égypte en 332 av. J.-C., fonde la ville d'Alexandrie et inaugure la courte période macédonienne qui se termine dès 305 av. J.-C.19. À partir de cette date, l'Égypte est gouvernée par la dynastie des Ptolémées dite aussi lagide. L'Égypte connaît alors l'influence de la civilisation grecque antique, bien que la religion traditionnelle subsiste jusqu'à la christianisation.

Période romaine (-30 à 395)Modifier

Période byzantine (395 à 640)Modifier

Période islamique (640 à 1517)Modifier

Mahomet puis son successeur son successeur Abou Bakr As-Siddiq, unifient l'Arabie musulmane20. Le deuxième calife, Omar ibn al-Khattâb (634-644), se lance dans la conquête des territoires à l'extérieur de l'Arabie, notamment vers l'Ouest. Bénéficiant des divisions entre les Égyptiens monophysites et orthodoxes, le général Amr ibn al-As pénètre en Égypte en 639 s'empare de Péluse puis de Memphis et obtient la reddition d'Alexandrie en 641 contre une autorisation de liberté de culte pour les chrétiens21. Même si les troupes byzantines parviennent à reprendre Alexandrie, celle-ci est réoccupée en 645.

Dans le Sud, les Arabes attaquent en 641 puis en 652 les royaumes chrétiens de Nobatie et de Makurie, mais échouent à prendre la ville de Dongola. Ils concluent alors le bakt, un traité qui prévoit une non agression réciproque, une liberté de circulation entre les territoires chrétiens et musulmans, une liberté respective de culte et des dispositions commerciales21. La Makurie se renforce en absorbant la Nobatie sous Mercure de Dongola (règne de 697 à 710) qui rattache son Église au patriarcat d'Alexandrie et fonde la cathédrale de Faras à la frontière avec le Soudan22.

En 661, suite à des dissensions parmi les chefs musulmans, le pouvoir est pris par la dynastie omeyyade qui installe la capitale à Damas. Sous les Omeyyades, l'expansion territoriale est limitée, mais les califes contribuent à améliorer leur administration, à répandre l'usage de l'arabe et à mettre en place une économie plus prospère en améliorant la sécurité des échanges au sein de l'empire23.

En 750, après leur défaite à la Bataille du Grand Zab, les Omeyyades sont remplacés par les Abbassides dans une grande partie orientale de l'empire, dont l'Égypte. Le transfert de la capitale de Damas à Bagdad en 762 éloigne l'Égypte du pouvoir central, ce qui contribue à l'affaiblissement de l'autorité des califes sur ce territoire24.

La conversion à l'islam de la population reste limitée dans les premiers siècles de l'occupation arabe, mais se développe fortement vers le Xe siècle. La cause de cette conversion est mal connue, mais la formalisation du statut, inférieur, de dhimmi pour les Juifs et les chrétiens pourrait en être une raison principale25.

En 831, une révolte copte éclate en Haute Égypte. Le roi de Makurie, Zacharie III Israël en profite pour cesser de payer tribut, mais il doit reprendre les versements suite à une intervention armée du pouvoir de Bagdad. De même, en 854, des affrontements ont lieu entre l'Égypte et les nomades Bejas26.

À partir de 832, l'Égypte est souvent administrée par des gouverneurs d'origine turque. Ahmad ibn Touloun, installé en 868, s'affranchit du contrôle de Bagdad et fonde la dynastie toulounide. Après la défaite des troupes de Bagdad, il prend la Syrie, la Cyrénaïque et Chypre. Après l'assassinat de Touloun en 896 à Damas, la dynastie peine à résister aux Abbassides qui la reprennent en 90527.

À la fin du IXe siècle, les Fatimides chiites s'imposent au Maghreb en ralliant les Berbères. Pour résister à leur menées conquérantes qui tendent à renverser les Abbassides, le pouvoir de Bagdad désigne Muhammad ben Tughj comme gouverneur en 935. Comme un siècle plus tôt, ce gouverneur finit par exercer le pouvoir en son nom et par conquérir la Syrie et à fonder la dynastie des Ikhchidides qui règne en Égypte jusqu'en 969. Le 7 juillet 969, Jawhar al-Siqilli s'empare de Fostat pour le compte des Fatimides. En 973, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah fonde, à proximité de Fostat, la ville du Caire qui absorbera ultérieurement Fostat et dont il fait la capitale de l'empire28.

L'Égypte se retrouve alors non plus en marge, mais au cœur du pouvoir de la principale dynastie musulmane, ce dont elle bénéficie directement sur le plan économique : le port d'Alexandrie supplante en activité les places de Bagdad et de Bassorah28. Les Fatimides bénéficient de la prospérité des terres fertiles du Delta ainsi que du commerce de la Méditerranée et de la mer Rouge, richesses qui leur permettent d'entretenir une armée composée de Berbères, de Turcs et de Soudanais. Le pouvoir du calife est affirmé notamment par un cérémonial très précis29.

La période fatimide est interrompue par le chef kurde sunnite Saladin qui prend le pouvoir en Égypte en 1169 avec l'accord du calife de Bagdad. Repoussant les croisés, il gagne la Syrie et une partie de la Mésopotamie30,31. Il fonde en Égypte la dynastie ayyoubide qui tient le pouvoir jusqu'en 1250.

Cette année-là, les Mamelouks, une milice d'origine servile, prend le pouvoir en Égypte. Le général Baybars remporte le 3 septembre 1260 la bataille d'Aïn Djalout et contient l'invasion mongole. Il attaque aussi les États latins, puis en 1271-1272 David Ier de Dongola qui tentait de faire diversion. En 1315, An-Nâsir Muhammad ben Qalâ'ûn dépose le dernier roi chrétien de Makurie et installe un souverain musulman, prélude à l'islamisation du Soudan32.

Égypte ottomane (1517 à 1882)Modifier

À la bataille de Ridaniya, le 22 janvier 1517, les troupes de l'empereur ottoman Sélim Ier l'emporte sur les Mamelouks et met fin à leur domination. L'Égypte devient pour plusieurs siècle une province ottomane33. Jusqu'en 1798, elle est gouvernée par des pachas désignés par le gouvernement de Constantinople, mais l'armée et l'administration sont dominés par les élites locales constituées des mamelouks et des janissaires qui se disputent le pouvoir et influent tour à tour sur les nominations de pachas34.

En 1769, le bey El Kébir s'impose comme maître de l'Égypte, cesse de payer le tribut du au sultan et soumet les janissaires35.

  • Egypte sous domination française et britannique

Afin de couper à la Grande-Bretagne la route des Indes, la France engage en 1798 la campagne d'Égypte sous la direction de Napoléon Bonaparte. Après la prise d'Alexandrie, les troupes françaises remportent la bataille des Pyramides le 21 juillet 1798, mais la flotte britannique remporte le 1er août 1798 la bataille navale d'Aboukir, ce qui empêche les Français d'exploiter pleinement leur victoire. L'Égypte n'en devient pas mois française jusqu'en 1801 sous le contrôle de Bonaparte puis du général Kléber puis du général Jacques-François Menou36,37. Devant les attaques ottomanes de Méhémet Ali et celles de l'armée britannique, la France doit renoncer à sa conquête en 1801 et l'Égypte est brièvement occupée par la Grande-Bretagne jusqu'en 1805, date à laquelle Méhémet Ali installe son pouvoir.

Méhémet Ali, qui règne jusqu'en 1848 apparaît comme un grand réformateur du pays dont il modernise les structures et notamment l'armée, sur un modèle européen de conscription. Entre 1821 et 1823, il s'empare du territoire esclavagiste du Dongola, puis d'une partie du Soudan. Il intervient à Chypre à la demande du sultan ottoman en 182338. Il s'empare ensuite de la Syrie, d'une partie de l'Arabie (nord et côte de la mer Rouge) en 1832, d'une grande partie du Soudan dont Khartoum en 183539. Au nord, il défait à Konya l'armée ottomane, mais les puissances européennes s'inquiètent de son influence et le poussent à négocier un arrangement avec le sultan : en échange de la reconnaissance de son titre de khédive et d'une quasi-indépendance, il se retire de Syrie et d'Arabie40.

Les successeurs de Méhémet Ali, affaiblis, acceptent une forme de protectorat britannique effectif à partir de 1882. Lors de la Guerre des Mahdistes entre 1881 et 1899, les troupes anglo-égyptiennes affrontent les Mahdistes esclavagistes qui se sont emparés du Soudan : leur victoire fait naître un Soudan anglo-égyptien dominé de fait par les Britanniques41.

Protectorat britannique (1882 à 1922)Modifier

Royaume d'Égypte (1922 à 1953)Modifier

République (1953 à nos jours)Modifier

[7][8]Le président Nasser accueille une délégation syrienne, janvier 1958L'histoire du pays fut particulièrement marquée par le second Président de la République, Gamal Abdel Nasser. Anouar el-Sadate succéda à ce dernier, et après l'assassinat de Sadate (1981), Hosni Mubarak fut Président de la République jusqu'au 11 février 2011, date de sa démission contrainte à la suite de la Révolution égyptienne de 2011. Le Président actuel est Mohamed Morsi.


Source : Wikipédia

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau FANDOM

Wiki au hasard